Quand Paris ferme ses portes au public et les ouvre aux entreprises

Palais Brongniart à Paris aménagé pour une soirée événementielle organisée par L'Oréal.

QUAND PARIS FERME SES PORTES AUX PUBLIC ET LES OUVRE AUX ENTREPRISES

Il y a le Paris que l’on visite, celui des files d’attente, des billets réservés plusieurs semaines à l’avance et des salles que l’on partage avec des centaines de personnes. Et puis il existe un autre Paris, beaucoup plus discret, qui apparaît lorsque les portes se ferment au public.

C’est un Paris que j’ai découvert progressivement à travers mon métier de photographe événementiel. Celui d’un musée du Louvre presque désert après sa fermeture, d’une galerie des Glaces traversée seul en pleine soirée ou d’une bibliothèque Richelieu silencieuse quelques minutes avant l’arrivée des invités.

Ces moments ne durent parfois que quelques minutes. Ils restent pourtant parmi les souvenirs les plus singuliers que m’ait offerts mon métier.

Pyramide du Louvre de nuit vue depuis une terrasse du musée lors d'un événement d'entreprise organisé après la fermeture au public.

QUELQUES MINUTES AVANT QUE TOUT COMMENCE

Dans l’événementiel, j’arrive presque toujours avant les invités. Les techniciens terminent les derniers réglages, les équipes du traiteur dressent les tables, les lumières sont testées une dernière fois et les organisateurs vérifient des détails que personne ne remarquera quelques heures plus tard.

C’est souvent à ce moment précis que les lieux sont les plus étonnants.

Ils sont prêts, mais encore silencieux.

À la Bibliothèque nationale de France, sur le site Richelieu, j’ai ainsi eu l’occasion de travailler dans la salle Ovale. Avant que les invités n’arrivent, cette immense bibliothèque était quasiment vide. Les tables étaient installées, l’événement prêt à commencer, mais pendant quelques instants il était encore possible de prendre conscience de l’échelle et de l’histoire du lieu sans être absorbé par le mouvement d’une soirée.

C’est une sensation assez difficile à retrouver lorsque l’on visite ces endroits dans des conditions normales.

Salle Ovale de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu à Paris, aménagée avant l'arrivée d'une centaine d'invités pour un événement d'entreprise.

TRAVERSER VERSAILLES SEUL

Le Château de Versailles reste probablement l’exemple le plus marquant.

J’y ai travaillé à plusieurs reprises, dans différents espaces : la galerie des Glaces, la chapelle royale, plusieurs salons et la galerie des Batailles.

Lors d’une soirée, un dîner réunissait environ 700 personnes dans cette dernière, avec notamment un président de la République française et de nombreuses personnalités.

À un moment de la soirée, j’ai dû traverser une partie du château pour rejoindre un autre espace.

Je me souviens encore d’avoir emprunté des escaliers complètement vides avant de traverser seul la galerie des Glaces.

Aucun visiteur. Aucun groupe. Personne devant les miroirs ou les fenêtres.

Pendant quelques minutes, j’avais l’impression assez irréelle d’avoir Versailles pour moi seul.

Ce sont précisément ces moments qui changent la perception que l’on peut avoir d’un monument. On ne regarde plus seulement son architecture ou son décor. On prend soudain conscience du volume des pièces, du silence et presque de la disproportion entre un individu et un lieu chargé de plusieurs siècles d’histoire.

Puis on ouvre une porte, on retrouve plusieurs centaines d’invités et l’événement reprend.

Galerie des Glaces du Château de Versailles entièrement vide lors de la privatisation du château pour un événement d'entreprise.

LE MUSÉE DU LOUVRE APRÈS LA FERMETURE

Le Louvre procure une sensation différente.

J’y ai notamment couvert un dîner qui avait lieu dans un espace relativement intimiste bénéficiant d’une vue directe sur la pyramide.

La différence entre voir cette architecture en journée et l’observer depuis l’intérieur du musée après sa fermeture est considérable.

La pyramide est toujours là, Paris aussi, mais le contexte a complètement changé. Elle devient presque le décor privé d’une soirée.

C’est d’ailleurs l’une des particularités de nombreux événements organisés dans les grands monuments parisiens : l’entreprise ne loue pas seulement une salle. Elle emprunte, pendant quelques heures, une partie de l’imaginaire attaché au lieu.

Salon du Musée du Louvre aménagé pour un dîner privé réunissant les collaborateurs et clients d'une entreprise américaine après la fermeture du musée.

QUAND UN MONUMENT DEVIENT LE DÉCOR D'UNE ENTREPRISE

C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles les entreprises continuent d’investir dans des lieux aussi exceptionnels.

Une convention organisée dans une salle de conférence fonctionnelle et une soirée organisée au Louvre ne produisent évidemment pas le même souvenir.

Le choix du lieu participe au message.

Tables dressées dans un salon des Invalides à Paris quelques minutes avant l'arrivée des invités pour un dîner d'entreprise.

Aux Invalides, j’ai par exemple couvert une soirée organisée par une entreprise du secteur de l’hôtellerie de luxe pour une centaine d’invités. Une partie de la soirée comprenait le spectacle AURA, avant qu’un dîner ne soit organisé dans d’autres salons du monument.

Le lieu devient alors une composante entière de l’expérience proposée aux invités.

Grande salle du Théâtre du Merveilleux au Musée des Arts Forains à Paris, aménagée pour le kick-off d'entreprise de Rituals avant l'arrivée des invités.

Le même principe fonctionne dans des univers radicalement différents. Le Cirque d’Hiver ou le Musée des Arts Forains ne possèdent évidemment pas la solennité de Versailles ou des Invalides, mais leur force est ailleurs. Ils plongent immédiatement les participants dans un univers.

Pour un photographe événementiel, cette diversité est particulièrement intéressante. Une soirée au Théâtre des Champs-Élysées, au Petit Palais, à l’Institut du monde arabe, dans une cathédrale ou dans un ancien cinéma parisien n’appelle jamais exactement la même manière de regarder ce qui se passe.

Rotonde du Cirque d'Hiver à Paris aménagée pour une soirée d'entreprise organisée par Freelance.com.

PARIS VU DEPUIS SES TOITS

Les événements permettent parfois aussi d’accéder à Paris autrement.

Sur la terrasse des Galeries Lafayette du boulevard Haussmann, j’ai récemment photographié une soirée entièrement privatisée pour Christian Louboutin. L’événement accompagnait la nouvelle collection homme de la maison, dont Jaden Smith est le directeur artistique, et réunissait clients et invités en fin de journée puis à la nuit tombée.

Terrasse des Galeries Lafayette Haussmann privatisée pour une soirée Christian Louboutin à Paris en présence de Jaden Smith.
À quelques dizaines de mètres au-dessus des rues, le rapport à la ville change complètement.

J’ai connu une sensation similaire sur la terrasse du BHV Marais.

Depuis cette terrasse, il est possible d’accéder à un niveau encore supérieur. Le point de vue devient alors spectaculaire : l’Hôtel de Ville est presque immédiatement devant soi et, en tournant simplement la tête, apparaissent Notre-Dame, la tour Eiffel, les Invalides et une grande partie des monuments qui dessinent Paris.

Ce ne sont pas nécessairement les espaces dans lesquels les invités passent leur soirée. Ce sont parfois simplement des endroits auxquels le travail donne accès quelques minutes.

Et ce sont souvent ceux dont je garde le souvenir le plus précis.

Vue panoramique de Paris depuis le toit du BHV Marais avec l'Hôtel de Ville, Notre-Dame, le Panthéon et les toits de la capitale.

UN PARIS INACCESSIBLE PENDANT QUELQUES HEURES

Il existe à Paris une grande diversité de lieux capables d’accueillir des événements d’entreprise, des monuments historiques aux musées, en passant par les théâtres, les rooftops ou des espaces plus atypiques. J’ai d’ailleurs réuni sur une page une sélection de lieux prestigieux de Paris dans lesquels j’ai eu l’occasion de travailler.

Mais au-delà de leur prestige ou de leur architecture, ce qui me marque le plus reste la manière dont ces lieux se transforment pendant quelques heures.

Une bibliothèque devient une salle de réception. Un musée accueille un dîner. Une terrasse habituellement fréquentée par des milliers de visiteurs est entièrement privatisée. Un monument historique devient, le temps d’une soirée, le décor d’une entreprise. Puis tout disparaît.

Les tables sont démontées, les éclairages retirés, les équipes techniques repartent et, quelques heures plus tard, les portes rouvrent. Les visiteurs reviennent et le lieu retrouve sa fonction habituelle, presque comme si rien ne s’était passé.

Mon métier me place souvent précisément entre ces deux états.

J’arrive lorsque le Paris public commence à s’effacer et je repars parfois au moment où il s’apprête à réapparaître.

Après des années à photographier des événements d’entreprise, ce sont souvent ces instants intermédiaires que je garde le plus en mémoire : traverser seul la Galerie des Glaces, regarder la pyramide du Louvre après la fermeture, découvrir une salle historique avant l’arrivée de plusieurs centaines d’invités ou observer Paris depuis un toit habituellement inaccessible.

Pendant quelques minutes, les monuments les plus célèbres de la capitale cessent d’être des lieux que l’on visite.

Ils deviennent des lieux que l’on habite, que l’on transforme et, pour moi, tout simplement des endroits dans lesquels je travaille.

Hommes en smoking traversant la Galerie des Glaces du Château de Versailles lors d'une soirée privée, photographiés en pose lente.

FAQ

Quels lieux prestigieux peut-on privatiser à Paris pour un événement d’entreprise ?

Paris permet d’organiser des événements professionnels dans des lieux très différents : monuments historiques, musées, théâtres, rooftops ou espaces culturels. J’ai notamment travaillé au Château de Versailles, au Musée du Louvre, aux Invalides, à la BnF Richelieu, au Petit Palais, au Cirque d’Hiver, au Musée des Arts Forains ou encore sur les terrasses des Galeries Lafayette et du BHV Marais. Les possibilités de privatisation dépendent naturellement du lieu, du format de l’événement et du nombre d’invités.

 

Oui, certains espaces du Château de Versailles accueillent des événements privés et professionnels. J’ai eu l’occasion d’y photographier plusieurs soirées dans la Galerie des Glaces, la Galerie des Batailles, la Chapelle royale ainsi que différents salons. Lors de l’un de ces événements, un dîner réunissait environ 700 personnes dans la Galerie des Batailles.

Le Louvre accueille ponctuellement des événements professionnels après la fermeture au public, dans des espaces dédiés. J’y ai notamment photographié un dîner relativement intimiste organisé pour une grande entreprise américaine, dans un salon donnant directement sur la pyramide du Louvre. Le musée peut alors offrir une expérience radicalement différente de celle que connaissent ses visiteurs en journée.

La sensation est très différente d’une visite classique. Lorsque les invités sont réunis dans une autre partie du château, certains espaces peuvent se retrouver complètement déserts. Il m’est ainsi arrivé de traverser seul la Galerie des Glaces et plusieurs escaliers de Versailles pendant qu’un dîner de plusieurs centaines de personnes se déroulait dans la Galerie des Batailles. Ce silence et cette absence de visiteurs changent totalement la perception du lieu.

Le Cirque d’Hiver et le Musée des Arts Forains sont deux exemples particulièrement intéressants. Leur architecture et leur univers créent immédiatement une atmosphère très forte, sans avoir besoin d’une scénographie démesurée. J’ai notamment travaillé au Théâtre du Merveilleux, l’un des grands espaces du Musée des Arts Forains, lors d’un kick-off organisé par Rituals.

Les rooftops constituent une alternative intéressante aux lieux historiques. La terrasse des Galeries Lafayette Haussmann offre une vue spectaculaire sur Paris et peut accueillir des événements privés. J’y ai par exemple photographié une soirée Christian Louboutin. Le toit du BHV Marais offre également un point de vue remarquable sur l’Hôtel de Ville, Notre-Dame, le Panthéon, la tour Eiffel et plusieurs monuments de la capitale.

Cela dépend surtout de l’expérience recherchée. Versailles apporte une dimension historique et spectaculaire, le Louvre une image immédiatement reconnaissable, les Invalides une atmosphère monumentale, tandis que le Musée des Arts Forains ou le Cirque d’Hiver proposent des univers beaucoup plus théâtraux. Pour un événement professionnel, le meilleur lieu n’est pas nécessairement le plus prestigieux : c’est celui dont l’identité correspond le mieux à celle de l’entreprise et à l’expérience souhaitée pour les invités.

C’est souvent à ce moment que l’on perçoit le mieux le travail réalisé sur l’espace. Les tables sont dressées, la lumière est installée, la scénographie terminée, mais personne ne masque encore l’architecture ou les volumes. Ces quelques minutes permettent d’obtenir des images très différentes de celles réalisées pendant la soirée et de documenter aussi bien le lieu que le travail des équipes événementielles.

La réponse est forcément subjective, mais certains lieux prennent une dimension particulière lorsqu’ils sont désertés par le public. La Galerie des Glaces à Versailles, la salle Ovale de la BnF Richelieu ou certains espaces du Louvre sont particulièrement marquants. Leur échelle, leur architecture et leur silence deviennent beaucoup plus perceptibles lorsqu’on les découvre avant ou après l’arrivée des invités.

 Si vous souhaitez en savoir plus sur mon activité de photographe, découvrez mon travail aux liens ci-dessous :

Photographe entreprise ParisPortfolio personnel

Jean-Baptiste Chauvin Photographe | Lieux événementiels Paris

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